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                      ANNEE 1915 – DEUXIEME ANNEE DE GUERRE 

 

 

 

 

Raymond POINCARE étant président de la République.

René VIVIANI (II° gouvernement jusqu’au 29 octobre 1915) puis Aristide BRIAND (V° gouvernement)  étant successivement président du conseil.

Le conseil municipal est composé de Mr Bégouin, maire et de Messieurs Bertrand, Cayer, Chainier, Couillaud, Mercier, Merzeau, Mour , Orvoire et Tiple

 

 

3 février : C’est M Merzeau, adjoint, qui préside en l’absence de M Bégouin, maire, mobilisé  ainsi que deux autres membres du conseil municipal : MM Mercier et Moure. La seule décision concerne le garde champêtre, pour lequel il est proposé de lui conserver tout ou partie de son salaire, bien qu’il soit mobilisé. Il conservera finalement la moitié de celui-ci.

 

22 juin : Gaston MOREAU est le troisième tué réaulais du conflit après ceux de 1914. (Malheureusement sa date de naissance manque pour affiner les recherches le concernant).

 

5 juillet : Marius Séverin Hamilton TIPLE décède à son tour des suites de ses blessures sur le navire hôpital « Tchad ». Né le 2 juin 1895 à Réaux, il avait 20 ans depuis un mois. Il faisait partie de la classe 1915, appelée dès le 15  décembre 1914 pour faire face au risque de  pénurie d’effectifs. Il était caporal, incorporé dans le 57° Régiment d’Infanterie Coloniale. A ce titre, il a servi sur le front d’Orient dans le Corps Expéditionnaire aux Dardanelles (détroit turc surnommé « l’Enfer des Dardanelles) où il fut blessé et évacué à destination de Toulon sur le Tchad. Il ne survécut pas à ses blessures.  Sur ce paquebot, qui servit à partir de 1898 au sein de la Compagnie des Chargeurs réunis du Havre avant d’être réquisitionné comme navire hôpital dès novembre 1914, Marius Tiple a pu côtoyer durant ses derniers jours le Général Gouraud commandant en chef du Corps Expéditionnaire qui y sera amputé d’un bras ! 

 

25 septembre : Gabriel GALLAIS est « tué à l’ennemi » sur la commune de Massiges, dans la Marne. Soldat de 2° classe, il appartenait au 21°Régiment d’Infanterie Coloniale. Il était né le 6 mars 1893. Membre de la classe 1913 il était déjà sous les drapeaux lorsque la guerre a débuté pour accomplir son service militaire, d’une durée de trois ans à l’époque, pour compenser la faiblesse démographique française de l’époque.  Massiges en Champagne, près de l’Argonne, promontoire fortifié par les allemands fût le cadre de violents combats impliquant les régiments de la « Coloniale » en 1914 et 1915, et abrite un monument en hommage aux «Marsouins» (le surnom  porté par ces troupes)   et un ensemble de tranchées reconstituées.

 

20 juin : Le Conseil, après étude des comptes : budgets,  affectations des dépenses et recettes… de l’année 1914, approuve ceux-ci ainsi que les dépenses imprévues, concernant l’assistance médicale, l’hygiène et les vaccinations, l’assistance aux femmes en couches et l’assistance aux vieillards dont les frais dépassent comme chaque année les subventions départementales allouées. Par ailleurs, les dépenses concernant les chemins de grande communication vont absorber les deux tiers des dépenses prévues amenant le conseil à voter une imposition extraordinaire. Elle couvre également l’aide aux familles nombreuses (en complément de la subvention départementale) ainsi que 189F, en «secours aux réservistes et territoriaux ». Enfin, une somme de 30F est votée en faveur de l’orphelinat des armées, autre mesure spécifique à ces temps de guerre.

 

10 octobre : La réunion a pour seul but de dresser la liste des classificateurs (au nombre de 10)  pour la commission de classement, aux termes de la loi du 29 mars 1914. Cette loi du 29 mars 1914 réforme la contribution foncière qui cesse d'être un impôt de répartition et dont l'assiette reposera désormais sur un taux, un tarif et des évaluations révisés tous les 20 ans. Elle précède d’autres mesures : comme la Loi du 15 juillet 1914 qui instaure l’impôt sur le revenu (réforme Joseph Caillaux, ministre des finances), celle du 5 août 1914 qui doublait la faculté d’émission de la Banque de France de 6 à 12 milliards de Francs, et enfin à partir du 13 septembre 1914 la première émission de bons de la défense nationale, dans le but de soutenir le grand effort de guerre.

 

14 novembre : Ce conseil ne regroupe que quatre conseillers, dont l’adjoint au maire qui gère la commune en l’absence de son maire. Ceux-ci désignent les répartiteurs pour l’année 1916.

25 décembre : Il a été créé en Charente Inférieure un comité Fédératif Départemental de Secours aux Prisonniers de Guerre, tâche qui exige beaucoup d’argent ; le conseil  considérant qu’il est nécessaire de secourir les prisonniers de guerre, vote en conséquence 40F.